Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



jeudi 28 septembre 2017

Thierry Discepolo, La Trahison des éditeurs (Deuxième édition revue et actualisée)

Thierry Discepolo
La Trahison des éditeurs
Deuxième édition revue et actualisée
Agone
Contre-feux
2017
Format numérique uniquement
 
Présentation de l'éditeur
L’édition est la grande absente des analyses du rôle de l’industrie des relations publiques dans l’« éternel combat pour le contrôle des esprits ». Pourtant, comme les autres médias, l’édition est depuis longtemps aux mains de grands groupes, souvent les mêmes. Et elle remplit la même fonction dans le maintien de l’ordre idéologique. Suivant la même ­logique de croissance par acquisition qui prépare la suivante, les grands éditeurs perpé­tuent l’existence d’un type d’acteur qui, du seul fait de sa taille et de son mode d’organisation, forge un monde social et économique face auquel les idées de changement ne pèsent pas grand-chose. La distinction ­artificielle entre « groupes de communication » et « groupes éditoriaux » occulte le rôle de ces entreprises dans une société à caractère de masse : transformer les lecteurs en consommateurs et limiter la capacité d’agir du plus grand nombre.
Écrit par un éditeur, ce livre propose à la fois une antilégende de l’édition et les bases d’une ­réflexion sur les ­responsabilités sociales et politiques de tout métier. Un questionnement qui prend une forme plus directe lorsqu’il touche à la diffusion d’idées : de quelles manières et sous quelles bannières défendre quels projets de société.
La première édition de ce livre est parue à la fin de l’été 2011. Un an plus tard, le rachat de Flammarion par Gallimard puis celui de Payot & Rivages par Actes Sud bouleversaient la structure sur laquelle étaient basées ses analyses, et les confirmaient ; au moment où nous en faisons paraître, aux seuls formats numériques, la deuxième édition, Média-Participations absorbe le groupe La Martinière : nous nous sommes limités à indiquer ces manipulations quand elles illustrent cette histoire répétitive.
Du même auteur sur le même sujet, lire « Actes Sud, tout un roman », Le Monde diplomatique, octobre 2017.
 
 

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