Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



mardi 9 mai 2017

vidéo: Stéfano Palombarini présente L’illusion du bloc bourgeois. Alliances sociales et avenir du modèle français (co-écrit avec Bruno Amable)

Séminaire Cournot - 27 avril 2017 :: Stefano Palombarini (Université Paris VIII)  on Vimeo.

Bruno Amable
Stéfano Palombarini
L’illusion du bloc bourgeois
Alliances sociales et avenir du modèle français
Raisons d'Agir
Raisons d'agir
2017

Présentations de l'éditeur
La crise politique française entre dans sa phase la plus aiguë depuis plus de trente ans, avec l’éclatement des blocs sociaux traditionnels, de gauche et de droite. L’éloignement des partis «de gouvernement» des classes populaires semble inexorable; il laisse sur la touche, d’un côté, artisans, commerçants et petits entrepreneurs déçus par la timidité des réformes de la droite libérale et, de l’autre, ouvriers et employés hostiles à une unification de l’Europe des marchés à laquelle le parti socialiste reste attaché.
La présidence Hollande est de ce point de vue moins une anomalie que l’échec définitif des tentatives de concilier la base sociale de la gauche et la «modernisation» du «modèle français». Ce projet se prolonge désormais par la tentative d’édifier un «bloc bourgeois» fondé sur la poursuite des «réformes structurelles», destinées à dépasser le clivage droite/gauche par une nouvelle alliance entre classes moyennes et supérieures.
L’émergence, en réaction, d’un pôle « souverainiste », coexiste avec les tentatives de reconstruire les alliances de droite et gauche dans un paysage politique fragmenté.
L’avenir du «modèle français » dépend de l’issue d’une crise politique qui n’est donc pas liée à des querelles d’appareils et encore moins de personnes, mais à la difficulté de former un nouveau bloc dominant.
Elle est loin d’être terminée.

Bruno Amable et Stefano Palombarini sont économistes.
Ils ont publié L’Économie politique n’est pas une science morale aux éditions Raisons d’agir en 2005.



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