Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


lundi 27 février 2017

Misère du scientisme en économie. A propos de l'affaire Cahuc-Zylberberg, Coordonné par Benjamin Coriat, Thomas Coutrot, Anne Eydoux, Agnès Labrousse, André Orléan

Misère du scientisme en économie
A propos de l'affaire Cahuc-Zylberberg 
Coordonné par Benjamin Coriat
Thomas Coutrot, Anne Eydoux
Agnès Labrousse, André Orléan 
Du Croquant
Détox
2017

Présentation de l'éditeur
À l’ orée d’ une campagne électorale qui constitue toujours un moment de confrontation entre projets politiques et économiques, les médias conservateurs ont promu à grand fracas un pamphlet dont l’indigence n' a d’ égale que la violence. Début septembre 2016, Challenges, Le Point, L’ Express, Les Échos, L’ Opinion, BFM Business ont en effet réservé une place de choix à un ouvrage délicatement intitulé Le négationnisme économique et comment s’ en débarrasser, écrit par deux économistes, mandarins de l’ université et aspirants-conseillers du prince jusqu’ alors peu connus du grand public: Pierre Cahuc et André Zylberberg. L’ extraordinaire couverture médiatique réservée à ce pamphlet révèle le singulier désarroi intellectuel des éditorialistes proches des milieux d’ argent.
Le pluralisme en économie est-il « l’antichambre de l’obscurantisme », comme l'affirme Jean Tirole? Les économistes hétérodoxes sont-ils des « charlatans » ou des « négationnistes », comme le soutiennent Pierre Cahuc et André Zylberberg? La violence des attaques des économistes dominants contre les courants critiques en économie est à la mesure de leur désarroi face à l’inquiétante évolution du monde. À l’opposé de leurs détracteurs, les auteur(e)s de ce livre, coordonné par Benjamin Coriat, Thomas Coutrot, Agnès Labrousse et André Orléan, soutiennent qu’en économie, comme dans les autres disciplines, le pluralisme est la condition d’une science vivante : ce n’est qu’en confrontant les hypothèses, les méthodes et les résultats qu’on peut avancer dans la compréhension d’une réalité sociale complexe.
Ils mobilisent les travaux récents en épistémologie des sciences sociales pour démontrer l’inanité des prétentions de MM. Cahuc et Zylberberg à détenir le monopole de la science. Ils montrent aussi combien leurs jugements catégoriques sur l’effet désastreux des 35 heures sont dénués de tout fondement scientifique.


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