Pierre Bourdieu. Contre-feux, Éditions Raisons d’agir, 1998, p.100

‘‘Contre ce régime politique [le néolibéralisme], la lutte politique est possible. Elle peut se donner pour fin d’abord, comme l'action caritative ou caritativo-militante, d’encourager les victimes de l’exploitation, tous les précaires actuels et potentiels, à travailler en commun contre les effets destructeurs de la précarité (en les aidant à vivre, à « tenir » et à se tenir, à sauver leur dignité, à résister à la déstructuration, à la dégradation de l’image de soi, à l’aliénation), et surtout à se mobiliser, à l’échelle internationale, c’est-à-dire au niveau même où s’exercent les effets de la politique de précarisation, pour combattre cette politique et neutraliser la concurrence qu’elle vise à instaurer entre les travailleurs des différents pays’’.



vendredi 3 février 2012

Pierre Singaravélou, PROFESSER L'EMPIRE. Les "sciences coloniales" en France sous la IIIè République


Pierre Singaravélou
PROFESSER L'EMPIRE
Les "sciences coloniales" en France sous la IIIè République
Préface de Christophe Charle
Publications de la Sorbonne
2011

Présentation de l'éditeur
A partir des années 1880, la conjonction du scientisme et du renouveau de l'expansion ultramarine se traduit par l'institutionnalisation des savoirs sur les colonies et les populations colonisées, qui prennent la forme de nouvelles disciplines, les " sciences coloniales " (" histoire et géographie coloniales ", " législation et économie coloniales ", " psychologie indigène "), enseignées dans les universités et les grandes écoles françaises.
Les enseignants, universitaires et experts coloniaux, promeuvent une formation, tantôt pratique tantôt théorique, qui instruit les étudiants sur les colonies et justifie le projet impérial. Ces nouveaux spécialistes de la colonisation animent la " République des lettres coloniales ", une nébuleuse d'associations, de sociétés savantes, de musées et de maisons d'éditions, spécialisés dans les questions coloniales.
Toutefois cette adhésion du monde savant à la colonisation prend des formes très diverses, parfois contradictoires, irréductibles à un seul et même " discours colonial ". L'objet colonial et le terrain ultramarin induisent un décentrement épistémologique conduisant les savants à élaborer de nouvelles méthodes et catégories d'analyse. La marginalité des savants coloniaux et leur polyvalence professionnelle les incitent à franchir les frontières disciplinaires en défrichant des domaines inédits - histoire orale, " colonisation comparée ", science de l'aménagement, anthropologie juridique... 
Pierre Singaravélou, maître de conférences en histoire contemporaine à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et chercheur à l'UMR IRICE (CNRS/Paris 1/Paris 4), travaille sur l'histoire des Empires coloniaux français et britannique aux XIXe et XXe siècles.
Il a récemment publié L'Empire des géographes. Géographie, exploration et colonisation (Belin, 2008), Au sommet de l'Empire. Les élites européennes dans les colonies du 16e au 20e siècle (avec C. Laux et F.-J. Ruggiu, Peter Lang, 2009), L'Empire des sports. Une histoire de la mondialisation culturelle (avec J. Sorez, Belin, 2010) et Territoires impériaux. Une histoire spatiale du fait colonial (avec H. Blais et F.
Deprest, Publications de la Sorbonne, 2011).
 

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