Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


lundi 18 décembre 2017

Présentation et discussion (en présence des auteurs) de :L’illusion du bloc bourgeois; L’économie politique du néolibéralisme et de L’économie politique n’est pas une science morale, LIRE LES SCIENCES SOCIALES 2017/2018, 12 janvier 2018


LIRE LES SCIENCES SOCIALES 2017/2018
12 janvier 2018
14 h 00 - 16 h 30
CNRS/Site Pouchet, Salle 159
59 - 61, rue Pouchet, 75017 Paris
Présentation et discussion (en présence des auteurs) de :
Bruno Amable et Stefano Palombarini, L’illusion du bloc bourgeois. Alliances sociales et avenir du modèle français, Paris, Raisons d’agir éditions, 2017
Bruno Amable, Elvire Guillaud et Stefano Palombarini, L’économie politique du néolibéralisme. Le cas de la France et de l’Italie, Paris, Éditions Rue d’Ulm, 2012
Bruno Amable et Stefano Palombarini, L’économie politique n’est pas une science morale, Paris, Paris, Raisons d’agir éditions, 2005
Par Antony Burlaud et Frédéric Lebaron

1. Les sciences sociales et l’économie politique sont menacées par le retour d’un moralisme qui nie le conflit social et discrédite l’opposition aux projets élaborés en vue d’un prétendu bien commun. […] Bruno Amable et Stefano Palombarini proposent une théorie néoréaliste du changement institutionnel  […] qui permet de reconnaître, derrière la rhétorique du bien commun, la frontière entre intérêts dominants et intérêts dominés.
2. En France et en Italie, la dissolution des anciennes alliances sociales a rendu nécessaire la reconstitution d’un bloc social dominant. Mais le noyau dur du bloc néolibéral constituant une minorité politique, la stratégie consiste à s’appuyer sur une coalition sociale élargie. […] La participation à l’Union Européenne implique dans les deux pays une pression politique forte qui est favorable à la mise en place d’une stratégie néolibérale sous des formes politiques variées.
3. La crise politique française entre dans sa phase la plus aigüe depuis plus de trente ans, avec l’éclatement des blocs traditionnels, de gauche et de droite. L’éloignement des partis « de gouvernement » des classes populaires semble inexorable […] L’avenir du modèle français dépend de l’issue d’une crise politique qui n’est pas liée à des querelles d’appareils et encore moins de personnes, mais à la difficulté de former un nouveau bloc dominant. Elle est loin d’être terminée.


Aucun commentaire: