Pierre Bourdieu, in Pour un mouvement social européen,
Le Monde Diplomatique, juin 1999 — Pages 1, 16 et 17, aussi in Contre-feux 2, Raisons d'agir, 2001, p. 13-23

"L'histoire sociale enseigne qu'il n'y a pas de politique sociale sans un mouvement social capable de l'imposer ( et que ce n'est pas le marché, comme on tente de le faire croire aujourd'hui, mais le mouvement social qui a « civilisé » l'économie de marché, tout en contribuant grandement à son efficacité ). En conséquence, la question, pour tous ceux qui veulent réellement opposer une Europe sociale à une Europe des banques et de la monnaie, flanquée d'une Europe policière et pénitentiaire ( déjà très avancée ) et d'une Europe militaire ( conséquence probable de l'intervention au Kosovo ), est de savoir comment mobiliser les forces capables de parvenir à cette fin et à quelles instances demander ce travail de mobilisation. "


lundi 16 octobre 2017

audio: Erik Olin Wright, Utopies réelles



audio: Erik Olin Wright, Utopies réelles
La Suite dans les idées par Sylvain Bourmeau, 14/10/2017
Erik Olin Wright
Utopies réelles 
La Découverte
L'horizon des possibles
2017
 

Présentation de l'éditeur
Traduit par Vincent FARNEA, João Alexandre PESCHANSKI
Pourquoi et comment sortir du capitalisme ? Quelles sont les alternatives d’ores et déjà présentes ? Peut-on, doit-on réinventer les socialismes par des réalisations concrètes ? Avec quels outils, quelles formes d’action, quelles institutions ? Telles sont les vastes questions, solidaires les unes des autres, auxquelles répond ce livre original et magistral, synthèse d’une enquête internationale et collective de plusieurs années sur les théories les plus actuelles de l’émancipation ainsi que sur de nombreux projets vivants de transformation radicale, ou plus graduelle, déjà observables dans les domaines sociaux, économiques et politiques.
À partir d’un regard rigoureux et acéré, appelé à fonder un nouveau programme de recherche sur les expérimentations postcapitalistes contemporaines, se détachent une conception neuve du progrès et de ses instruments potentiels ainsi qu’une vision scientifique des modalités de dépassement du capitalisme. Les utopies réelles ne sont ni pour les idéalistes ni pour les réalistes. Ce sont les expériences vécues, les projections audacieuses qui créent dès maintenant les conditions comme les formes d’un avenir meilleur, d’un autre futur possible.
Traité savant, arme au service d’un renouveau nécessaire de l’imagination politique, Utopies réelles figure déjà parmi les classiques de la pensée sociale du XXIe siècle. 
Erik Olin Wright est sociologue, professeur à l’université de Wisconsin-Madison. Ses principales recherches ont porté sur la structure de classes, les inégalités, la pauvreté et l’emploi aux États-Unis. Depuis plusieurs années il dirige un projet de recherche collectif international sur les utopies réelles dans le cadre duquel il a enquêté sur les expérimentations actuelles en matière de production et de démocratie. Il a été président de l’American Sociological Association en 2012.



samedi 14 octobre 2017

Pierre Bourdieu: "Comment redonner vie, et force sociale, à « l'utopisme réfléchi » dont parlait Ernst Bloch à propos de Bacon ?"





Pierre Bourdieu 
"Comment redonner vie, et force sociale, à « l'utopisme réfléchi » dont parlait Ernst Bloch à propos de Bacon ?"

"Devant tout cela, qui n'est guère encourageant, comment échapper a la démoralisation ? Comment redonner vie, et force sociale, à « l'utopisme réfléchi » dont parlait Ernst Bloch à propos de Bacon ? Et d'abord, que faut-il entendre par là ? Donnant un sens rigoureux à l'opposition que faisait Marx entre le « sociologisme », soumission pure et simple aux lois sociales, et l'« utopisme », défi aventureux à ces lois, Ernst Bloch décrit « l'utopiste réfléchi » comme celui qui agit « en vertu de son pressentiment parfaitement conscient de la tendance objective », c'est-à-dire de la possibilité objective, et réelle, de son « époque », qui, en d'autres termes, « anticipe psychologiquement un possible réel ».L'utopisme rationnel se définit à la fois contre «le wishful thinking pur [qui] a toujours discrédité l'utopie» et contre «la platitude philistine essentiellement occupée du Donné»; il s'oppose à la fois à l'« hérésie, en fin de compte défaitiste, d'un automatisme objectiviste, d'après lequel les contradictions objectives suffiraient à elles seules à révolutionner le monde qu'elles parcourent », et à l'« activisme en soi », pur volontarisme, fondé sur un excès d'optimisme. 
Ainsi, contre le fatalisme des banquiers, qui veulent nous faire croire que le monde ne peut pas être autrement qu'il est, c'est-à-dire pleinement conforme à leurs intérêts et à leurs volontés, les intellectuels, et tous ceux qui se soucient vraiment du bonheur de l'humanité, doivent restaurer une pensée utopiste lestée scientifiquement, et dans ses fins, compatibles avec les tendances objectives, et dans ses moyens, eux aussi scientifiquement éprouvés. Ils doivent travailler collectivement à des analyses capables de fonder des projets et des actions réalistes, étroitement ajustées aux processus objectifs de l'ordre qu'elles visent à transformer.
L'utopisme raisonné tel que je viens de le définir est sans doute ce qui manque le plus à l'Europe d'aujourd'hui."
Pierre Bourdieu, Néo-libéralisme comme révolution conservatrice, 22 novembre 1997, Ernst-Bloch-Preis, Ludwigshafen, in K. Kufeld, Zukunft Gestalten, Mössingen-Talheim, Talheimer Verlag, p.23-29, aussi A Reasoned Utopia and Economic Fatalism. New Left Review, 227, Jan – Feb,1998, 125-130, aussi in Interventions, 1961-2001. Science sociale et action politique, Agone, 2002, p.352-353



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voir également:


Interventions de Pierre Bourdieu: Des utopies rationnelles (une économie du bonheur, une vraie Europe sociale)

Pierre Bourdieu, "Après tout, l’Assemblée constituante de 1789 et l’Assemblée de Philadelphie étaient composées de gens comme vous et moi, qui avaient un bagage de juriste, qui avaient lu Montesquieu et qui ont inventé des structures démocratiques"
 
Pierre Bourdieu: un Intellectuel global

Pierre Bourdieu, la mise en oeuvre de l'intellectuel collectif international

Pierre Bourdieu, à propos de l'intellectuel collectif


vendredi 13 octobre 2017

en poche: Philippe Bourgois, En quête de respect - Le crack à New York


Philippe Bourgois
En quête de respect
Le crack à New York  
(Seuil, Liber en 2001 et 2013)
Points Essais
2017

Présentation de l'éditeur 
Traduit de l'anglais par Lou Aubert et Amín Pérez
Pour la première fois, un anthropologue est parvenu à nouer une véritable relation avec les vendeurs de crack dans East Harlem, l'un des quartiers les plus dangereux de New York. Pendant cinq ans, Philippe Bourgois a observé, enregistré, photographié, dans toutes ses facettes, la vie d'une trentaine de dealers portoricains. Il nous livre ici le matériau et le résultat de cette recherche. Nous voyons de près, dans les détails les plus intimes, la vie quotidienne des habitants de ces quartiers à risque : pratiques régulières du crime, du viol, mais aussi force de l'amitié et rêves enfantins de gloire. Ce livre comporte également une contribution théorique originale : il nous aide autant à comprendre la relation entre la culture, l'économie et le déterminisme social qu'à repenser la question de la responsabilité individuelle. 
Philippe Bourgois, Professeur d'anthropologie et directeur du Centre de médecine sociale et des humanités du département de psychiatrie de l'université de Californie (Los Angeles). Ses travaux portent principalement sur les inégalités sociales, la ségrégation urbaine et la violence quotidienne.


jeudi 12 octobre 2017

Bruno Amable, Structural Crisis and Institutional Change in Modern Capitalism: French Capitalism in Transition

Bruno Amable 
Structural Crisis and Institutional Change in Modern Capitalism
French Capitalism in Transition 
Oxford University Press
2017

Présentation de l'éditeur
This book analyses the evolution of the French model of capitalism in relation with the instability of the socio-political compromises. In the 2010s, France was in a situation of systemic crisis, manifested in the impossibility for political leadership to find a strategy of institutional change or more generally a model of capitalism that could gather a sufficient social and political support. This book analyses the various attempts at reforming the French model since the 1980s, when the left tried briefly to orient the French political economy in a social-democratic/socialist direction before changing course and opting for a more orthodox macroeconomic and structural policy. The attempts of the right governments to implement a radically neoliberal structural policy also failed in the face of a significant social opposition. The enduring French systemic crisis is the expression of contradictions between the economic policies implemented by the successive left and right governments, and the existence of a dominant social bloc—a coalition of social groups that supports the dominant political strategy. Since 1978, both the right and the left have failed to find a solution to the contradictions between the policies they implemented and the expectations of their respective social bases, which are themselves inhabited by tensions and contradictions that evolve with the structural reforms that gradually transformed French capitalism. The direction taken by the Hollande presidency after 2012 represented an important change with respect to the preceding left governments. More than his predecessors, Hollande decidedly oriented his economic and political strategies in a neoliberal direction, looking for social support articulated around the skilled middle and upper classes, the bloc bourgeois.

mercredi 11 octobre 2017

Le plafond de verre et l'État. La construction des inégalités de genre dans la fonction publique, Catherine Marry, Laure Bereni, Alban Jacquemart, Sophie Pochic, Anne Revillard

 
Le plafond de verre et l'État
La construction des inégalités de genre dans la fonction publique
Catherine Marry, Laure Bereni, Alban Jacquemart
Sophie Pochic, Anne Revillard

mardi 10 octobre 2017

Cédric Hugrée, Étienne Pénissat et Alexis Spire, Les classes sociales en Europe. Tableau des nouvelles inégalités sur le vieux continent

Cédric Hugrée, Étienne Pénissat et Alexis Spire
Les classes sociales en Europe
Tableau des nouvelles inégalités sur le vieux continent
Agone
L'Ordre des choses
2017 

Présentation de l'éditeur
Cartographie des inégalités sociales (niveaux d’éducation, logement, pratiques culturelles…) au-delà du revenu : une synthèse inédite des classes sociales à l’échelle européenne
Les classes populaires européennes ont été touchées de plein fouet par la crise : l’expérience du chômage et de la précarité fait partie de leur quotidien et constitue un marqueur qui les distingue des autres classes. Un autre trait récurrent est la pénibilité physique au travail, qui touche davantage les actifs peu ou pas qualifiés dans la quasi-totalité des pays européens. Pourtant, ces inégalités dans le monde du travail n’ont guère été prises en charge politiquement : la délégitimation du monde ouvrier s’est accompagnée d’une occultation de la déstabilisation des classes populaires.
Ces trente dernières années, les contours de l’Europe n’ont cessé de s’élargir, contribuant à y rendre plus visibles les inégalités. Experts et journalistes analysent ces évolutions à l’aide d’indicateurs de performance économique – productivité, taux de chômage – sans jamais s’interroger sur les conditions de travail ou les disparités selon les couches sociales. Dans un contexte où la crise économique et les réponses néolibérales incitent les peuples à se replier sur chaque espace national, il est temps de se demander ce qui rapproche et ce qui distingue les travailleurs européens. À partir de grandes enquêtes statistiques, cet ouvrage prend le parti d’une lecture en termes de classes sociales : contre la vision d’individus éclatés touchés par la crise, l’objectif est de rendre visibles les rapports de domination entre groupes sociaux. Une étape préalable nécessaire pour explorer les conditions de possibilité d’un mouvement social européen.
 
Cédric Hugrée est chargé de recherche au CNRS et travaille sur la sociologie des inégalités dans l’enseignement supérieur français et celles entre classes sociales en France et en Europe.
Étienne Penissat est chargé de recherche au CNRS, travaille actuellement sur les inégalités entre classes sociales en Europe et en France et sur les représentations ordinaires de l’espace social, et est co-directeur de la collection Ordre des choses.
Directeur de recherche au CNRS, Alexis Spire travaille sur la sociologie des inégalités et a publié plusieurs ouvrages sur les politiques d’immigration et l’impunité fiscale chez Grasset, Raisons d’agir et La Découverte. 

Annexes en ligne du livre
 
 

lundi 9 octobre 2017

Brigitte Le Grignou, Erik Neveu, Sociologie de la télévision



Brigitte Le Grignou
Erik Neveu
Sociologie de la télévision 
La Découverte
Repères
2017

Présentation de l'éditeur
À l’heure où l’on prophétise la « fin de la télévision », où les jeunes générations se détournent du vieux poste pour de plus petits écrans, pourquoi proposer une sociologie de la télévision ? Parce que la télé ne se contente pas de résister : elle mobilise encore en moyenne près de quatre heures d’attention par jour en France et le flux des programmes télévisés envahit tous les écrans.
Il s’agit dans cet ouvrage d’étudier ce vieil objet et ses nouveaux usages dans une perspective sociologique : c’est-à-dire attentive aux acteurs (qui produit les programmes ?), au flux des émissions (ce flux est-il immuable, a-t-il un sens ?), aux pratiques des publics (que font réellement les téléspectateurs ?), aux divers effets des programmes et à leurs conditions d’efficacité (la télévision fait-elle toujours et partout l’élection ?).  
Brigitte Le Grignou est professeure émérite de science politique à l’université Paris-Dauphine-PSL. Ses recherches portent sur les comportements électoraux (Les Sens du vote, PUR, 2016), la communication politique, particulièrement la politique télévisée et les usages de la télévision (Du côté du public. Usages et réceptions de la télévision, Economica, 2003).
Erik Neveu est professeur de science politique à Rennes et membre de l'équipe CNRS du CRAPE. Il a aussi publié dans cette collection Sociologie du journalisme (2013, 4eédition) et Introduction aux Cultural Studies (avec Armand Mattelart, 2008, 2eédition).